Droit du travail

Congé supplémentaire de naissance : durée, indemnisation et enchaînement des congés

Un enfant qui arrive, et ce sont quatre régimes de congé différents qui s'enchaînent, chacun avec ses propres règles, ses propres délais, sa propre caisse payeuse. Le congé supplémentaire de naissance, entré en vigueur le 1er juillet 2026, n'a rien changé à cet empilement : il a ajouté une brique de plus. Comprendre où il se situe dans la chaîne, et surtout ce qu'il exclut, compte davantage que connaître son taux par cœur.

Réponse rapide. Le congé supplémentaire de naissance est un congé indemnisé de 1 à 2 mois, en vigueur depuis le 1er juillet 2026, qui s'ajoute au congé de maternité, de paternité ou d'adoption. La Sécurité sociale verse 70 % du salaire net le premier mois et 60 % le second, dans la limite du plafond mensuel de la Sécurité sociale, fixé à 4 005 € au 1er janvier 2026.

Infographie : l'enchaînement des quatre congés à l'arrivée d'un enfant en 2026, du congé de naissance de 3 jours au congé parental, en passant par le congé supplémentaire de naissance indemnisé à 70 % puis 60 %
L'ordre de prise des congés liés à l'arrivée d'un enfant — Sources : solidarites.gouv.fr, service-public.fr, caf.fr, code.travail.gouv.fr

Quatre congés, un seul enfant : dans quel ordre les prendre

La naissance déclenche d'abord le congé de naissance de 3 jours ouvrables, prévu par l'article L.3142-4 du Code du travail. Ce congé est payé intégralement par l'employeur et assimilé à du temps de travail effectif — c'est un minimum légal, une convention collective peut prévoir mieux. Le même article L.3142-4 régit aussi le congé pour décès d'un proche, avec des durées allant de 3 jours pour un conjoint, un parent, un frère ou une sœur, à 14 jours pour un enfant de moins de 25 ans : une autre absence familiale qu'il vaut mieux connaître avant d'en avoir besoin.

Viennent ensuite, selon le parent, le congé de maternité ou le congé de paternité et d'accueil de l'enfant (article L.1225-35). La mère bénéficie d'un congé de maternité dont la durée varie de 16 semaines pour un premier ou un deuxième enfant à 46 semaines pour des triplés ou plus, indemnisé par l'Assurance Maladie dans la limite du plafond mensuel de la Sécurité sociale ; le détail du calcul figure dans notre article consacré au calcul des indemnités journalières de maternité. Le second parent, lui, dispose de 25 jours calendaires, 32 en cas de naissance multiple, dont 4 jours obligatoires pris immédiatement à la suite du congé de naissance et 21 jours facultatifs — 28 pour une naissance multiple — à prendre dans les six mois suivant la naissance, en une ou deux fois.

Le congé supplémentaire de naissance ne s'ouvre qu'une fois ces congés intégralement consommés. C'est une condition de fond, pas une recommandation d'organisation : sans épuisement préalable du congé de maternité, de paternité ou d'adoption, le droit ne s'ouvre pas. Une fois ce congé posé, le congé parental d'éducation, financé le cas échéant par la PreParE, peut prendre le relais — mais pas en même temps, on y revient plus bas.

Comparer les congés liés à l'arrivée d'un enfant

CongéDuréeQui indemniseNiveau d'indemnisationCumul avec le congé supplémentaire
Congé de naissance (art. L.3142-4)3 jours ouvrablesEmployeurSalaire maintenu à 100 %Se prend avant : aucun conflit
Congé de maternité16 à 46 semaines selon le rang et le nombre d'enfantsAssurance MaladieIndemnités journalières plafonnées au plafond mensuel de la Sécurité socialeNon : doit être intégralement pris avant l'ouverture du droit
Congé de paternité et d'accueil (art. L.1225-35)25 jours calendaires, 32 si naissance multipleAssurance MaladieIndemnités journalières de Sécurité socialeNon : doit être intégralement pris avant l'ouverture du droit
Congé supplémentaire de naissance1 ou 2 mois, fractionnables en deux périodes d'un moisSécurité sociale70 % du salaire net le 1er mois, 60 % le 2e, plafonnés à 4 005 €/mois—
Congé parental d'éducation (PreParE)Jusqu'aux 3 ans de l'enfant, par périodes renouvelablesCAF ou MSAForfait de 459,70 €/mois en cessation totale d'activitéNon sur la même période : la PreParE s'ouvre le mois suivant

70 % puis 60 % : ce que verse réellement la Sécurité sociale

La base de calcul retient les trois mois de salaire qui précèdent l'arrêt de travail. Le premier mois de congé est indemnisé à 70 % du salaire net, le second à 60 %, l'un et l'autre dans la limite du plafond mensuel de la Sécurité sociale, fixé à 4 005 € au 1er janvier 2026. Concrètement, un salarié dont le salaire net dépasse ce plafond ne touchera jamais plus que 70 %, puis 60 %, de 4 005 € — quel que soit son niveau de rémunération réel.

Ce congé ne se cumule avec aucun autre revenu de remplacement sur la même période : ni le complément de libre choix du mode de garde, ni la PreParE, ni l'allocation journalière de présence parentale ou de proche aidant, ni des indemnités journalières de maladie, de maternité, de paternité ou d'accident du travail, ni l'allocation chômage. Autrement dit, il remplace un revenu, il ne s'y ajoute pas.

Jusqu'à quand le prendre : deux dates circulent, une seule tient

C'est le point qui sème le plus de confusion chez les parents d'un enfant né au premier semestre 2026, et il mérite d'être tranché plutôt que survolé. Pour les enfants nés ou adoptés à partir du 1er juillet 2026, la règle est simple : le congé doit débuter dans les neuf mois suivant la naissance ou l'arrivée au foyer. Pour les enfants nés entre le 1er janvier et le 30 juin 2026, une règle transitoire s'applique et le congé peut être pris jusqu'au 31 mars 2027, soit neuf mois à compter de l'entrée en vigueur du dispositif plutôt qu'à compter de la naissance.

Pourquoi le préciser ? Parce que les sources officielles ne disent pas toutes la même chose. La borne du 30 juin est celle retenue par le ministère du Travail et des Solidarités, par la CAF, par service-public.fr et par la MSA, dans les mêmes termes. Une page du Code du travail numérique avance pour sa part une bascule au 31 mai, soit un mois plus tôt. Quatre sources officielles convergentes contre une seule divergente : c'est la version du 30 juin que nous retenons, en signalant la divergence plutôt qu'en la masquant. Un enfant né le 3 mars 2026 entre donc dans la fenêtre transitoire, et son congé devra être soldé au plus tard le 31 mars 2027 — et non début décembre 2026 comme le donnerait un calcul à neuf mois depuis la naissance.

Congé supplémentaire ou PreParE : l'arbitrage financier

Une fois les congés de maternité, de paternité et le congé supplémentaire de naissance épuisés, deux options subsistent pour prolonger une présence auprès de l'enfant : reprendre le travail, ou basculer sur un congé parental d'éducation financé par la PreParE. L'écart de rémunération entre les deux dispositifs n'a rien de marginal. Le congé supplémentaire de naissance rémunère en proportion du salaire : pour un salaire net de 2 200 €, cela représente environ 1 540 € le premier mois puis 1 320 € le second. La PreParE, elle, est un forfait de 459,70 € par mois en cessation totale d'activité, identique que l'on gagne 1 500 € ou 4 000 € net.

D'où l'importance de l'ordre : épuiser le congé supplémentaire de naissance avant de basculer sur la PreParE, jamais l'inverse sur une même période, puisque les deux prestations ne se versent pas simultanément. Le droit à la PreParE s'ouvre le mois suivant la fin du congé supplémentaire, sans période blanche entre les deux si la demande est anticipée.

Prévenir son employeur : délais et forme

Le salarié informe son employeur au moins un mois avant le début du congé souhaité, en précisant la date de début, la durée retenue et le fractionnement éventuel. Ce délai tombe à 15 jours lorsque le congé supplémentaire démarre immédiatement à la suite du congé de paternité, d'accueil ou d'adoption. La communication se fait par lettre recommandée avec accusé de réception ou par remise contre récépissé : un écrit daté, donc, pas un message informel.

Aucune des sources officielles consultées ne mentionne de procédure d'autorisation ni de motif de refus opposable par l'employeur. Il s'agit d'une information, pas d'une demande à valider — une logique très différente de celle d'un congé qui se négocie au cas par cas. Reste un point pratique à vérifier avant de poser ses dates : certaines conventions collectives prévoient des délais de prévenance plus courts ou un complément de salaire, ce qui justifie un détour par sa convention collective. Une fois le congé démarré, l'indemnisation apparaîtra en subrogation ou en net à payer selon le mode de gestion de l'entreprise ; pour savoir où la lire, notre guide pour décrypter les lignes de sa fiche de paie détaille le mécanisme.

Un dernier point de calendrier, souvent sous-estimé : qui surveille la date butoir ? En pratique, le salarié. Aucune des sources consultées n'évoque d'obligation de relance de la part de l'employeur ou de la caisse.

Questions fréquentes

Le congé supplémentaire de naissance est-il soumis à l'accord de l'employeur ?

Non : c'est une information, pas une demande à valider. Le salarié prévient son employeur au moins un mois avant le début du congé, ou 15 jours s'il enchaîne sur un congé de paternité, par lettre recommandée avec accusé de réception ou remise contre récépissé. Aucune source officielle consultée ne mentionne de motif de refus.

Peut-on cumuler le congé supplémentaire de naissance avec la PreParE ?

Non, pas sur la même période : ces deux revenus de remplacement ne se versent jamais simultanément. Le droit à la PreParE ne s'ouvre qu'à compter du mois suivant la fin du congé supplémentaire de naissance, une fois celui-ci intégralement consommé par le parent concerné.

Qui peut bénéficier du congé supplémentaire de naissance ?

Les parents d'un enfant né ou adopté depuis le 1er janvier 2026, à condition d'avoir épuisé leur congé de maternité, de paternité ou d'adoption. Le dispositif vise les salariés, les travailleurs indépendants, les agents contractuels publics, les demandeurs d'emploi et les artistes-auteurs, sous conditions d'ouverture de droit.

Jusqu'à quand puis-je prendre ce congé si mon enfant est né en mars 2026 ?

Jusqu'au 31 mars 2027, selon le ministère du Travail et des Solidarités, la CAF, service-public.fr et la MSA. Une page du Code du travail numérique avance une bascule antérieure, au 31 mai 2026, mais elle reste isolée face aux quatre autres sources officielles consultées en septembre 2026.

Les deux parents peuvent-ils le prendre en même temps ?

Oui. Chaque parent dispose de son propre droit à un ou deux mois de congé, indépendamment du choix de l'autre. Les deux peuvent le prendre simultanément, en alternance, ou le fractionner en deux périodes d'un mois chacune, selon leur organisation familiale.

Quel est le taux d'indemnisation exact ?

70 % du salaire net le premier mois et 60 % le second, calculés sur la moyenne des trois mois de salaire précédant l'arrêt, dans la limite du plafond mensuel de la Sécurité sociale, soit 4 005 € au 1er janvier 2026, quel que soit le salaire réel du parent.