Le mi-temps thérapeutique — appelé officiellement temps partiel thérapeutique ou reprise à temps partiel pour motif thérapeutique — permet à un salarié de reprendre le travail progressivement après un arrêt maladie, un accident du travail ou une maladie professionnelle. Le médecin traitant prescrit une réduction du temps de travail (pas nécessairement à 50%, contrairement à ce que le terme « mi-temps » suggère) et la CPAM complète le salaire par des indemnités journalières. En 2026, environ 350 000 salariés bénéficient chaque année de ce dispositif en France.
Quelles sont les conditions pour bénéficier d'un mi-temps thérapeutique ?
Le temps partiel thérapeutique n'est pas automatique. Trois conditions doivent être réunies, et c'est souvent la méconnaissance de l'une d'entre elles qui bloque le processus.
Condition 1 : la prescription médicale
Votre médecin traitant doit prescrire le temps partiel thérapeutique sur un formulaire d'arrêt de travail (cerfa 10170*06) en cochant la case « reprise de travail à temps partiel pour motif thérapeutique ». Il précise le pourcentage de temps de travail recommandé et la durée initiale. Attention, depuis 2019, un arrêt maladie préalable à temps complet n'est plus obligatoire pour les affections de longue durée (ALD). Pour les maladies ordinaires, un arrêt antérieur reste en revanche nécessaire dans la plupart des cas, même si la jurisprudence évolue.
Condition 2 : l'accord de la CPAM
Le médecin-conseil de la CPAM doit valider que le temps partiel thérapeutique est médicalement justifié. Il vérifie que la reprise partielle favorise effectivement la guérison ou la stabilisation de votre état de santé, et que le maintien d'un arrêt total n'est plus nécessaire. Le médecin-conseil peut refuser si les motifs médicaux lui semblent insuffisants — dans ce cas, vous pouvez demander une expertise médicale.
Condition 3 : l'accord de l'employeur sur les modalités
L'employeur ne peut pas refuser le principe du temps partiel thérapeutique prescrit médicalement. En revanche, il peut discuter des modalités pratiques : quels jours, quels horaires, quelle répartition des tâches. Si aucun aménagement n'est possible (ce qui est rare et doit être solidement justifié), le salarié reste en arrêt maladie classique. Le médecin du travail intervient pour valider l'aptitude au poste aménagé et peut recommander des adaptations spécifiques.
Comment est calculé le salaire pendant le mi-temps thérapeutique ?
C'est la question centrale — et la réponse est souvent plus favorable que ce que les salariés imaginent. Le temps partiel thérapeutique ne signifie pas forcément une division par deux de vos revenus.
Les deux sources de revenus
| Source | Montant | Qui paie | Conditions |
|---|---|---|---|
| Salaire partiel | Proportionnel au temps travaillé | Employeur | Selon l'avenant au contrat |
| Indemnités journalières (IJ) | Complément pour le temps non travaillé | CPAM | Plafonné : salaire partiel + IJ ≤ salaire de référence |
| Complément employeur | Variable selon la convention | Employeur (subrogation) | Maintien de salaire conventionnel |
La règle du plafonnement
- Calculer le salaire journalier de base : salaire brut des 3 derniers mois / 91,25
- L'IJ thérapeutique est identique à l'IJ d'arrêt maladie (50% du SJB, plafond ≈ 52 €/jour en 2026)
- Le cumul salaire partiel + IJ ne peut pas dépasser le salaire brut que vous auriez perçu à temps plein
- Si votre convention prévoit un maintien à 100%, l'employeur complète la différence (subrogation)
- En pratique, beaucoup de salariés retrouvent 85 à 100% de leur salaire net habituel
- Les IJ thérapeutiques sont soumises à la CSG (6,20%) et à la CRDS (0,50%)
Exemple chiffré
Un salarié gagnant 2 800 € brut par mois reprend à 60% (3 jours par semaine). Son employeur lui verse 1 680 € brut (60% de 2 800). La CPAM verse des IJ pour les 2 jours non travaillés, soit environ 560 € brut par mois. Total brut : 2 240 €, soit 80% du salaire habituel. Si la convention collective prévoit un maintien à 90%, l'employeur complète avec 280 € supplémentaires. Le salarié perçoit alors 2 520 € brut, soit 90% de son salaire normal. Pas mal pour une reprise progressive censée favoriser la guérison.
Quelle est la durée maximale du mi-temps thérapeutique ?
Il n'existe pas de durée maximale fixée par la loi pour le temps partiel thérapeutique en cas de maladie ordinaire. En pratique, la CPAM accorde généralement des périodes de 3 à 6 mois, renouvelables. Le total des indemnités journalières (arrêt + mi-temps) ne peut pas dépasser 360 jours sur une période de 3 ans pour une même maladie. Pour les ALD (affection de longue durée), la durée peut atteindre 3 ans, renouvelable une fois.
Et après le mi-temps thérapeutique ?
Trois scénarios possibles à l'issue du dispositif. Le retour à temps plein si votre état de santé le permet — votre employeur doit vous réintégrer à votre poste ou un poste équivalent. Le renouvellement du mi-temps thérapeutique si le médecin le juge nécessaire. Ou l'arrêt maladie à temps complet si votre état se dégrade. En cas d'arrêt prolongé, la question de l'invalidité peut se poser après 3 ans d'indemnisation.
Les démarches pas à pas pour obtenir un mi-temps thérapeutique
La procédure implique trois interlocuteurs (médecin traitant, CPAM, employeur) et le moindre grain de sable peut retarder la mise en place. Voici l'ordre chronologique optimal.
Étape par étape
- Consultez votre médecin traitant qui évalue si une reprise progressive est adaptée à votre situation
- Le médecin prescrit le temps partiel thérapeutique (cerfa d'arrêt de travail avec case dédiée)
- Envoyez les volets 1 et 2 à la CPAM dans les 48 heures et le volet 3 à votre employeur
- La CPAM transmet au médecin-conseil pour validation (délai : 1 à 3 semaines)
- Prenez rendez-vous avec le médecin du travail pour la visite de reprise ou de pré-reprise
- Convenez des modalités pratiques avec votre employeur (jours, horaires, tâches)
- L'employeur établit un avenant temporaire au contrat de travail précisant les nouvelles conditions
- Votre employeur transmet une attestation de salaire à la CPAM pour le calcul des IJ
Mi-temps thérapeutique et droits annexes
Pendant le temps partiel thérapeutique, vos droits sociaux sont maintenus. Vous continuez d'acquérir des congés payés sur la base de votre temps de travail effectif. Vos cotisations retraite sont calculées sur votre salaire réel (pas sur le temps plein), ce qui peut impacter votre future pension — un point à surveiller si le mi-temps dure plus de 6 mois. L'ancienneté continue de courir normalement, et vous conservez l'accès aux avantages de l'entreprise (mutuelle, tickets restaurant pro rata, intéressement).