Durée légale du préavis CDI en 2026 : réponse directe
Durée légale du préavis CDI (Code du travail, art. L1234-1) :
| Ancienneté | Ouvrier / Employé | Agent maîtrise / Technicien | Cadre |
|---|---|---|---|
| Moins de 6 mois | Selon usage / CC | Selon usage / CC | Selon usage / CC |
| 6 mois à < 2 ans | 1 mois | 1 mois | 1 mois |
| 2 ans et plus | 1 mois | 2 mois | 3 mois |
⚠️ Ces durées sont des minima légaux. Votre convention collective peut prévoir des durées plus longues.
Le préavis est une période obligatoire qui s'écoule entre la notification de la rupture du contrat (démission, licenciement, rupture conventionnelle) et la date effective de fin du contrat. En 2026, les règles du Code du travail n'ont pas changé, mais la jurisprudence récente a précisé plusieurs points importants concernant la dispense de préavis et les conventions collectives.
Les 3 durées légales de préavis selon le Code du travail
L'article L1234-1 du Code du travail fixe les durées minimales de préavis :
1 mois de préavis — ouvriers et employés avec 2 ans d'ancienneté
Pour les ouvriers et employés ayant au moins deux ans d'ancienneté continue dans l'entreprise, la durée légale minimale est d'un mois. Cette durée s'applique en cas de licenciement comme de démission, sauf dispositions conventionnelles plus favorables.
2 mois de préavis — agents de maîtrise et techniciens
Les agents de maîtrise et techniciens avec au moins deux ans d'ancienneté bénéficient d'un préavis légal de deux mois. La qualification professionnelle retenue est celle figurant au contrat de travail ou reconnue par l'employeur, indépendamment du coefficient de la grille de classification.
3 mois de préavis — cadres
Les cadres avec au moins deux ans d'ancienneté ont droit à trois mois de préavis. C'est le minimum légal, mais de nombreuses conventions collectives de cadres prévoient 6 mois, voire plus dans certains secteurs (banque, assurance, informatique). Vérifiez toujours votre convention collective.
Préavis selon l'ancienneté : moins de 6 mois, entre 6 mois et 2 ans
Pour les salariés ayant moins de 6 mois d'ancienneté, la loi ne fixe aucune durée minimale — c'est la convention collective ou les usages de la profession qui s'appliquent. En l'absence de toute règle conventionnelle ou d'usage, un préavis "raisonnable" est exigé par les tribunaux, généralement apprécié entre 8 jours et 1 mois selon la qualification.
Pour les salariés ayant entre 6 mois et 2 ans d'ancienneté, la jurisprudence considère que la durée minimale d'un mois s'applique par analogie pour toutes catégories confondues, bien que le texte légal stricto sensu ne vise que les deux ans.
Convention collective : quand prime-t-elle sur la loi ?
La convention collective peut toujours prévoir des durées de préavis plus favorables (plus longues) que le minimum légal. Elle ne peut pas fixer des durées inférieures. Le salarié bénéficie automatiquement de la disposition la plus favorable entre :
- La durée légale du Code du travail
- La durée prévue par la convention collective
- La durée stipulée dans le contrat de travail
Exemples de durées conventionnelles supérieures à la loi :
- Métallurgie (accord 2022) : 3 mois pour les ETAM, 6 mois pour les cadres
- Banque (CCN Banque) : 3 à 6 mois selon la classification
- Syntec / Numérique : 3 mois pour les cadres (même ancienneté < 2 ans)
- Commerce de détail : 1 mois pour les employés, 2 mois pour les agents de maîtrise
Dispense de préavis : qui peut l'imposer ?
La dispense de préavis peut être à l'initiative de l'employeur ou d'un commun accord. Les règles diffèrent selon le cas :
Dispense à l'initiative de l'employeur
L'employeur peut dispenser le salarié d'effectuer son préavis ("préavis payé non travaillé"). Dans ce cas, il doit verser l'indemnité compensatrice de préavis, égale au salaire brut que le salarié aurait perçu pendant la durée du préavis, charges patronales et salariales incluses.
Dispense à l'initiative du salarié
En cas de démission, si le salarié souhaite partir immédiatement sans effectuer son préavis, il doit obtenir l'accord de l'employeur. Sans cet accord, il s'expose à devoir verser des dommages et intérêts à l'employeur pour le préjudice causé par le non-respect du préavis.
Dispense automatique (cas particuliers)
Certaines situations dispensent automatiquement du préavis :
- Faute grave ou lourde du salarié : pas de préavis, pas d'indemnité compensatrice
- Force majeure : dispense sans indemnité si les conditions légales sont réunies
- Prise d'acte de la rupture aux torts de l'employeur : le salarié quitte l'entreprise immédiatement
- Licenciement économique avec CSP : le salarié qui accepte le CSP est dispensé du préavis mais perçoit une indemnité
Préavis et arrêt maladie : ce que dit la loi en 2026
La maladie n'interrompt pas automatiquement le préavis. La jurisprudence distingue :
- Licenciement : le préavis court même pendant un arrêt maladie ordinaire, sauf si la convention collective prévoit sa suspension
- Accident du travail / maladie professionnelle : le préavis est suspendu pendant la période de protection
- Démission : même règle — l'arrêt maladie ne suspend généralement pas le préavis de démission
Préavis en cas de rupture conventionnelle
La rupture conventionnelle (RC) n'est pas soumise aux règles du préavis. Les parties fixent librement la date de fin du contrat, à condition que celle-ci soit postérieure d'au moins 15 jours calendaires à la date d'homologation de la convention (délai de rétractation de 15 jours + délai d'instruction de 15 jours ouvrables par la DREETS). Dans les faits, une RC prend effet au minimum 1 à 2 mois après la signature.
Comment calculer la date de fin de contrat ?
La date de fin de contrat se calcule ainsi :
- Identifier la date de notification (réception de la lettre de licenciement ou date d'envoi de la lettre de démission)
- Ajouter la durée du préavis applicable (légale ou conventionnelle)
- Si le dernier jour tombe un samedi, dimanche ou jour férié, la fin du préavis est reportée au premier jour ouvré suivant (ou anticipée, selon les interprétations jurisprudentielles — prudence)
Exemple : Un cadre Syntec démissionne le 1er avril 2026. Son préavis conventionnel est de 3 mois. Sa date de fin de contrat est le 1er juillet 2026. Si son employeur le dispense d'effectuer le préavis, il perçoit une indemnité compensatrice correspondant à 3 mois de salaire brut.
Préavis et congés payés : peut-on prendre des congés pendant le préavis ?
En principe, le salarié peut prendre ses congés payés pendant le préavis avec l'accord de l'employeur. La prise de congés ne prolonge pas le préavis (sauf convention collective contraire). En cas de licenciement, si l'employeur refuse les congés, les jours de congés non pris donnent droit à une indemnité compensatrice de congés payés, versée avec le solde de tout compte.
Foire aux questions sur le préavis CDI
Quelle est la durée légale du préavis pour un CDI en 2026 ?
La durée légale dépend de la catégorie et de l'ancienneté : 1 mois (ouvriers/employés ≥2 ans), 2 mois (agents de maîtrise/techniciens ≥2 ans), 3 mois (cadres ≥2 ans). La convention collective peut prévoir des durées plus longues.
Peut-on réduire ou supprimer le préavis CDI ?
Oui, d'un commun accord ou sur décision de l'employeur (qui doit alors verser l'indemnité compensatrice). En cas de faute grave ou lourde, aucun préavis n'est dû.
Le préavis est-il le même en démission et licenciement ?
Les durées légales sont identiques. Des dispositions conventionnelles peuvent différencier les deux cas. En cas de licenciement économique avec acceptation du CSP, les règles sont spécifiques.
Que se passe-t-il si l'employeur ne respecte pas le préavis ?
L'employeur doit verser une indemnité compensatrice de préavis égale au salaire dû sur la période. Si le salarié est en faute, l'employeur peut réclamer des dommages et intérêts.
La convention collective peut-elle imposer un préavis plus long ?
Oui, et c'est fréquent pour les cadres (6 mois dans certaines CC). Le salarié bénéficie toujours de la disposition la plus favorable.