Le préavis de démission est la période pendant laquelle le salarié continue de travailler après avoir notifié sa démission à l'employeur. Contrairement à une idée reçue, le Code du travail ne fixe aucune durée de préavis de démission — c'est la convention collective, l'accord d'entreprise ou, à défaut, l'usage professionnel local qui détermine cette durée. Elle varie généralement de 1 à 3 mois selon votre catégorie professionnelle et votre secteur d'activité. L'employeur peut vous en dispenser, et vous pouvez le négocier à la baisse dans certains cas.
Quelle est la durée du préavis de démission ?
Puisque la loi ne fixe pas de durée légale, il faut systématiquement consulter votre convention collective ou votre contrat de travail pour connaître la durée applicable à votre situation. Les durées les plus courantes suivent une logique de catégorie professionnelle.
Durées de préavis par catégorie et convention
| Convention collective | Ouvriers/Employés | Techniciens/AM | Cadres |
|---|---|---|---|
| Syntec (IDCC 1486) | 1 mois | 2 mois | 3 mois |
| Métallurgie (IDCC 3248) | 2 semaines à 1 mois | 1 à 2 mois | 3 mois |
| Commerce de détail (IDCC 2216) | 1 mois | 2 mois | 3 mois |
| HCR (IDCC 1979) | 1 semaine à 1 mois | 1 mois | 3 mois |
| BTP Ouvriers (IDCC 1597) | 2 jours à 2 semaines | - | - |
| Banque (IDCC 2120) | 1 mois | 2 mois | 3 mois |
Comment trouver la durée de votre préavis
- Consultez votre contrat de travail : s'il mentionne une durée de préavis, elle s'applique (sauf si votre convention prévoit une durée plus courte)
- Vérifiez votre convention collective : c'est elle qui fixe la durée dans la grande majorité des cas
- Identifiez votre catégorie professionnelle exacte (ouvrier, employé, technicien, agent de maîtrise, cadre) sur votre fiche de paie
- Attention : certaines conventions distinguent aussi selon l'ancienneté (le BTP accorde un préavis plus court aux ouvriers avec moins de 3 mois d'ancienneté)
- Si ni le contrat ni la convention ne prévoient de préavis, l'usage professionnel local s'applique
- En dernier recours, les prud'hommes peuvent fixer la durée raisonnable
Comment demander une dispense de préavis ?
La dispense de préavis signifie que votre employeur vous autorise à quitter l'entreprise avant la fin du préavis. C'est un sujet de négociation fréquent, surtout quand vous avez trouvé un nouvel emploi qui vous attend. Deux situations très différentes existent.
Dispense à la demande du salarié
Si c'est vous qui demandez la dispense, l'employeur n'est pas obligé de l'accorder. S'il accepte, vous partez plus tôt mais vous ne percevez pas de salaire pour la période non travaillée. L'employeur peut aussi n'accorder qu'une dispense partielle (réduire le préavis de 3 mois à 1 mois, par exemple). Pour maximiser vos chances, faites votre demande par écrit en même temps que votre lettre de démission, en expliquant clairement le motif (nouvel emploi avec date de début impérative). Les employeurs acceptent dans la majorité des cas — garder un salarié démotivé pendant 3 mois n'est dans l'intérêt de personne.
Dispense à l'initiative de l'employeur
L'employeur peut décider de vous dispenser de préavis de son propre chef. Dans ce cas, il doit vous verser l'indemnité compensatrice de préavis, c'est-à-dire le salaire que vous auriez perçu si vous aviez travaillé jusqu'au terme du préavis. C'est une situation avantageuse pour le salarié : vous êtes libre de commencer votre nouvel emploi plus tôt tout en étant payé par votre ancien employeur. L'indemnité compensatrice est soumise aux cotisations sociales et à l'impôt comme un salaire normal.
Conséquences du non-respect du préavis
Quitter l'entreprise sans respecter le préavis et sans dispense vous expose à des conséquences financières. L'employeur peut réclamer des dommages et intérêts correspondant au préjudice subi — généralement le coût de votre remplacement temporaire ou la perte de chiffre d'affaires liée à votre départ brutal. En pratique, ces poursuites sont rares car l'employeur doit prouver un préjudice réel, mais elles existent, surtout pour les cadres à responsabilités ou les profils commerciaux avec des portefeuilles clients.
Préavis et recherche d'emploi
Pendant le préavis, de nombreuses conventions collectives accordent au salarié démissionnaire des heures d'absence autorisées pour rechercher un emploi (généralement 2 heures par jour ou une journée par semaine). Ce droit est plus souvent prévu en cas de licenciement que de démission, mais vérifiez votre convention — certaines l'accordent dans les deux cas. Ces heures sont rémunérées et n'entraînent aucune retenue sur salaire.
Le point de départ du préavis est la date de notification de la démission à l'employeur (date de remise de la lettre ou de première présentation du recommandé). Les congés payés pris pendant le préavis ne le prolongent pas, sauf si les congés ont été fixés par l'employeur avant la notification de la démission. Un arrêt maladie pendant le préavis ne le suspend pas non plus en cas de démission (contrairement au licenciement).