Droit du travail

Indemnité de licenciement : calcul du montant et conditions en 2026

Indemnité de licenciement : calcul du montant et conditions en 2026

L'indemnité de licenciement est une somme versée par l'employeur à tout salarié licencié justifiant d'au moins 8 mois d'ancienneté ininterrompue dans l'entreprise. Son montant minimum est fixé par le Code du travail (indemnité légale), mais votre convention collective ou votre contrat de travail peuvent prévoir un montant supérieur. La formule légale est simple : 1/4 de mois de salaire par année d'ancienneté pour les 10 premières années, puis 1/3 de mois par année au-delà. Mais le diable se cache dans le choix du salaire de référence et le décompte de l'ancienneté.

La formule de calcul de l'indemnité légale

L'article R1234-2 du Code du travail fixe le calcul suivant, applicable à tous les licenciements sauf faute grave et faute lourde (qui excluent l'indemnité légale). Depuis 2017, l'ancienneté minimale requise est passée de 1 an à 8 mois, ce qui a élargi le nombre de bénéficiaires.

Le salaire de référence : choisir le plus favorable

Deux modes de calcul du salaire de référence existent, et c'est toujours le plus avantageux pour le salarié qui s'applique. Premier mode : la moyenne mensuelle des 12 derniers mois de salaire brut précédant le licenciement. Second mode : le tiers des 3 derniers mois de salaire brut (les primes annuelles ou exceptionnelles étant recalculées au prorata temporis). Les primes de 13e mois, d'ancienneté, de performance, les commissions et les avantages en nature sont inclus. En revanche, les remboursements de frais professionnels et les indemnités de rupture ne comptent pas.

Tableau de calcul selon l'ancienneté

AnciennetéFormuleExemple (salaire réf. 3 000 €)
8 mois(1/4 × 3000) × (8/12)500 €
2 ans(1/4 × 3000) × 21 500 €
5 ans(1/4 × 3000) × 53 750 €
10 ans(1/4 × 3000) × 107 500 €
15 ans(1/4 × 3000 × 10) + (1/3 × 3000 × 5)12 500 €
20 ans(1/4 × 3000 × 10) + (1/3 × 3000 × 10)17 500 €
25 ans(1/4 × 3000 × 10) + (1/3 × 3000 × 15)22 500 €
30 ans(1/4 × 3000 × 10) + (1/3 × 3000 × 20)27 500 €

L'indemnité conventionnelle : presque toujours plus avantageuse

La plupart des conventions collectives prévoient des indemnités supérieures au minimum légal. La métallurgie accorde 1/3 de mois par année dès la première année d'ancienneté. La Syntec prévoit 1/3 de mois au-delà de 2 ans. La banque peut aller jusqu'à 1 mois par année pour les cadres. Votre employeur est tenu d'appliquer le montant le plus favorable entre l'indemnité légale et l'indemnité conventionnelle — le choix n'est pas à la discrétion de l'employeur, c'est une obligation.

Les pièges courants du calcul

  1. Les années incomplètes doivent être prises en compte au prorata (14 ans et 7 mois = 14,58 ans)
  2. Le préavis non effectué mais payé compte dans l'ancienneté pour le calcul de l'indemnité
  3. Les périodes de suspension du contrat (maladie, maternité, congé parental) comptent généralement dans l'ancienneté sauf clause contraire
  4. En cas de transfert d'entreprise (article L1224-1), l'ancienneté acquise chez le précédent employeur est reprise intégralement
  5. Les primes versées sur une base annuelle doivent être rapportées au mois (13e mois = divisé par 12)
  6. Si vous avez travaillé à temps partiel puis à temps plein (ou inversement), un calcul au prorata s'applique pour chaque période

Indemnité de licenciement et fiscalité

L'indemnité légale ou conventionnelle de licenciement est totalement exonérée d'impôt sur le revenu et de cotisations sociales. La fraction qui dépasse le minimum légal ou conventionnel (indemnité supra-légale négociée) bénéficie d'une exonération dans la limite du plus élevé des trois montants suivants : 2 fois la rémunération annuelle brute de l'année précédente, 50% de l'indemnité totale, ou le montant légal ou conventionnel. Le tout dans la limite de 6 PASS (soit environ 278 208 € en 2026). Au-delà, les sommes sont soumises à l'impôt et aux cotisations sociales.

CSG-CRDS sur l'indemnité de licenciement

La CSG (9,20%) et la CRDS (0,50%) s'appliquent sur la fraction de l'indemnité qui excède le montant légal ou conventionnel, après application d'un abattement. Le calcul est complexe et fait l'objet de nombreuses erreurs sur les soldes de tout compte. Si votre indemnité totale dépasse 50 000 €, faites vérifier le calcul par un expert-comptable ou un avocat en droit du travail — les sommes en jeu justifient largement cette précaution.

Les cas où l'indemnité de licenciement n'est pas due

Deux situations excluent le versement de l'indemnité de licenciement. Le licenciement pour faute grave prive le salarié de l'indemnité (mais il conserve l'indemnité compensatrice de congés payés). Le licenciement pour faute lourde (avec intention de nuire à l'employeur) a les mêmes conséquences. Dans les deux cas, le salarié peut contester la qualification de la faute devant les prud'hommes pour obtenir la requalification en licenciement sans cause réelle et sérieuse, ce qui rétablit le droit à l'indemnité majorée de dommages et intérêts.

Indemnité de licenciement vs indemnité de rupture conventionnelle

L'indemnité de rupture conventionnelle ne peut pas être inférieure à l'indemnité légale de licenciement. En pratique, elle est souvent négociée au-dessus, car le salarié accepte de renoncer à un contentieux potentiel. La formule de calcul du minimum est strictement identique (1/4 de mois par année, puis 1/3 au-delà de 10 ans), mais l'ancienneté prise en compte court jusqu'à la date de fin effective du contrat (après le délai de rétractation et l'homologation DREETS).

Si votre employeur vous propose un montant qui vous semble insuffisant, prenez le temps de calculer vous-même votre indemnité légale et conventionnelle avec les tableaux ci-dessus. Les erreurs de calcul sont fréquentes, surtout sur la prise en compte des primes et des années incomplètes. Un simple email à votre service RH citant les articles du Code du travail suffit généralement à obtenir une correction.

Questions fréquentes sur l'indemnité de licenciement