| Profil | Durée du préavis |
|---|---|
| Ouvrier/employé — ancienneté < 6 mois | Selon convention collective (souvent 0 à 15 jours) |
| Employé — ancienneté 6 mois à 2 ans | 1 mois |
| Cadre (toute ancienneté > 6 mois) | 3 mois |
| Selon convention collective | Variable selon l'accord de branche |
Démissionner d'un CDI ne se fait pas du jour au lendemain. Entre le dépôt de lettre et le dernier jour de travail, il y a une période obligatoire : le préavis. Sa durée, ses conditions, les possibilités de le réduire ou de s'en dispenser — voilà ce que tout salarié devrait connaître avant de prendre une décision.
Durée légale du préavis selon l'ancienneté
Le Code du travail fixe des durées minimales de préavis, mais la réalité est plus nuancée : la plupart des conventions collectives prévoient des durées différentes, souvent plus longues.
Pour un employé ou un ouvrier, la loi ne fixe pas de durée minimale précise. Tout dépend de la convention collective applicable. En pratique, on constate souvent :
- Moins de 6 mois d'ancienneté : préavis très court, parfois 1 à 2 semaines
- De 6 mois à 2 ans : généralement 1 mois
- Au-delà de 2 ans : toujours selon la convention, mais rarement plus d'1 mois pour les non-cadres
Pour les cadres, le préavis conventionnel est le plus souvent de 3 mois, quelle que soit l'ancienneté (à partir de 6 mois). Certaines conventions prévoient même 6 mois pour des postes à haute responsabilité.
Un point essentiel : si votre contrat de travail prévoit une durée de préavis supérieure à la convention, c'est la durée contractuelle qui s'applique dans les deux sens — à l'avantage comme au désavantage du salarié.
Préavis selon la convention collective : exemples concrets
Chaque branche professionnelle a ses propres règles. Voici quelques exemples représentatifs :
| Convention collective | Non-cadre | Cadre |
|---|---|---|
| Commerce de détail (idcc 1517) | 1 mois | 3 mois |
| Bâtiment et travaux publics | 2 semaines à 1 mois | 3 mois |
| Banque et assurance | 1 à 2 mois | 3 à 6 mois |
| Métallurgie (idcc 1996) | 1 mois | 3 mois |
| Restauration rapide | 2 semaines | 1 mois |
Pour trouver votre convention collective, cherchez le numéro IDCC sur votre bulletin de salaire. Le site legifrance.gouv.fr recense toutes les conventions applicables avec les durées de préavis officielles.
Dispense de préavis : qui peut y avoir droit ?
La dispense de préavis n'est pas un droit automatique. Elle résulte d'un accord entre l'employeur et le salarié, ou de situations particulières prévues par la loi.
Les cas légaux de dispense sans pénalité :
- Grossesse : une salariée enceinte peut rompre son CDI sans préavis ni indemnité
- Jeune parent : à la fin d'un congé maternité ou d'adoption
- Premier emploi : après une première embauche suite à une formation en alternance
- Création ou reprise d'entreprise : dans certaines conventions collectives
Dans tous les autres cas, la dispense nécessite l'accord explicite de l'employeur. Si c'est lui qui propose la dispense, il doit payer l'intégralité du préavis non effectué. Si c'est vous qui la demandez et qu'il l'accepte, vous ne percevez rien pour la période non travaillée.
Indemnité compensatrice de préavis
L'indemnité compensatrice de préavis correspond à la rémunération que vous auriez perçue si vous aviez travaillé pendant la durée du préavis. Elle est due dans deux cas :
- L'employeur vous dispense de travailler mais veut que vous partiez immédiatement
- Vous ne respectez pas votre préavis sans accord de l'employeur, et celui-ci vous la réclame
Son montant correspond au salaire brut habituel (salaire fixe + variables prévisibles comme les primes récurrentes). Les heures supplémentaires non habituelles ne sont généralement pas intégrées.
Cette indemnité est soumise à cotisations sociales et à l'impôt sur le revenu, comme un salaire ordinaire.
Pour les droits au chômage, le préavis est pris en compte dans le calcul du salaire journalier de référence, même si vous ne l'avez pas effectué mais avez perçu l'indemnité compensatrice.
Préavis en cas de faute grave ou lourde
Ce cas concerne surtout le licenciement, mais peut toucher la démission de manière indirecte. Si vous démissionnez suite à un manquement grave de l'employeur (harcèlement moral reconnu, non-paiement des salaires, etc.), les prud'hommes peuvent requalifier votre démission en licenciement sans cause réelle et sérieuse. Dans ce cas, le préavis peut être remis en question.
À l'inverse, si vous commettez une faute grave pendant votre préavis, l'employeur peut mettre fin à votre contrat immédiatement sans vous verser la rémunération pour la période restante.
La faute grave se distingue par son caractère suffisamment sérieux pour rendre impossible le maintien du salarié dans l'entreprise. Absentéisme injustifié, vol, violence — les tribunaux apprécient chaque situation au cas par cas.
Comment calculer la date de fin de contrat ?
Le préavis commence à courir le lendemain de la réception par l'employeur de votre lettre de démission (si remise en main propre avec signature) ou de sa première présentation (si envoyée en recommandé avec AR, même si l'employeur ne la retire pas).
Exemple concret : vous envoyez votre lettre de démission le lundi 10 mars. L'employeur la reçoit le mercredi 12 mars. Votre préavis d'un mois commence le 13 mars et se termine le 12 avril au soir. C'est votre dernier jour de travail.
Si votre préavis est exprimé en semaines, le calcul se fait de date à date. Si un préavis d'une semaine commence le lundi, il se termine le dimanche suivant.
Attention aux jours fériés : ils ne prolongent pas automatiquement le préavis, sauf disposition conventionnelle contraire.
Vous pouvez utiliser des calculateurs en ligne (Service-Public.fr en propose un), mais la vérification avec votre convention collective reste indispensable.
Modèle de lettre de démission avec préavis
Voici une trame que vous pouvez adapter :
[Votre Prénom NOM]
[Adresse]
[Ville, Date][Nom de l'entreprise]
À l'attention de [Nom du responsable RH ou supérieur hiérarchique]
[Adresse de l'entreprise]Objet : Démission de mon poste de [intitulé du poste]
Madame, Monsieur,
Par la présente, je vous informe de ma décision de démissionner de mon poste de [intitulé], que j'occupe au sein de votre entreprise depuis le [date d'entrée].
Conformément à [la convention collective / mon contrat de travail], je m'engage à effectuer mon préavis d'une durée de [durée], qui débutera à réception de ce courrier. Mon dernier jour de travail serait donc le [date calculée].
Je reste disponible pour assurer la transmission de mes dossiers dans les meilleures conditions.
Veuillez agréer, Madame, Monsieur, l'expression de mes salutations distinguées.
[Signature]
Envoyez toujours cette lettre en recommandé avec accusé de réception, ou remettez-la en main propre contre signature d'un récépissé. C'est la date de réception qui déclenche le préavis.
Droits et démarches pendant le préavis
Pendant votre préavis, vous restez salarié à part entière. Vos droits sont intacts : salaire, tickets restaurant, mutuelle, congés payés. Vous continuez à acquérir des droits à la retraite.
Si vous avez des congés payés restants, deux options : les poser pendant le préavis (avec accord de l'employeur) ou les faire rémunérer sous forme d'indemnité compensatrice de congés payés versée avec le solde de tout compte.
Des heures pour recherche d'emploi peuvent être accordées selon les conventions collectives. Certaines prévoient 2 heures par jour ou 50 heures par mois non payées mais non récupérables. Vérifiez dans votre convention.
À la fin du préavis, vous devez recevoir : votre dernier bulletin de salaire, le solde de tout compte, l'attestation employeur (pour Pôle Emploi), et le certificat de travail. Ces documents doivent vous être remis le dernier jour de travail ou au plus tard dans les jours qui suivent.
Pour en savoir plus sur vos droits pendant la période de transition, consultez nos articles sur le télétravail et ses implications contractuelles, les règles spécifiques au temps partiel, et la réglementation sur le travail du dimanche qui peut affecter les salariés du commerce.