Droit du travail

Faute lourde : définition, conséquences et différence avec la faute grave

Faute lourde : définition, conséquences et différence avec la faute grave

La faute lourde est le degré le plus élevé de faute dans la classification du droit du travail français. Elle se distingue de la faute grave par l'existence d'une intention de nuire à l'employeur. Les exemples classiques : sabotage de matériel, détournement de clientèle au profit d'un concurrent, divulgation intentionnelle de secrets industriels. Ses conséquences sont similaires à la faute grave (perte du préavis et de l'indemnité de licenciement) mais l'employeur peut en plus réclamer des dommages-intérêts au salarié pour le préjudice subi.

Différence entre faute grave et faute lourde

CritèreFaute graveFaute lourde
Intention de nuireNon requiseRequise (élément essentiel)
Indemnité de licenciementNon dueNon due
Indemnité de préavisNon dueNon due
Indemnité de congés payésDue (depuis 2016)Due (depuis 2016)
Dommages-intérêts employeurNon (sauf clause pénale)Oui, si préjudice prouvé
Allocations chômageOuiOui

La preuve de l'intention de nuire

  1. L'employeur doit prouver que le salarié a agi avec l'intention délibérée de lui porter préjudice
  2. La simple négligence, même grave, ne suffit pas à caractériser la faute lourde
  3. Les juges sont très exigeants sur cette preuve — la majorité des fautes lourdes invoquées sont requalifiées en fautes graves
  4. Exemples reconnus : vol organisé avec revente, sabotage informatique, séquestration du dirigeant lors d'une grève
  5. Exemples rejetés : critique virulente de l'entreprise sur les réseaux sociaux, départ en claquant la porte, refus d'obéir
  6. La charge de la preuve incombe entièrement à l'employeur

Questions fréquentes sur la faute lourde