Emploi

Convention Syntec 2026 : grille de salaires, classification et avantages

La convention collective nationale des bureaux d'études techniques, cabinets d'ingénieurs-conseils et sociétés de conseil (dite convention Syntec, IDCC 1486) couvre environ 910 000 salariés en France. Elle régit les secteurs du numérique, du conseil, de l'ingénierie, de la formation professionnelle et des études de marché. Avec des grilles de salaires minimaux revalorisées en 2025, une classification ETAM et cadres par positions et coefficients, et des dispositions spécifiques sur les RTT, la convention Syntec mérite d'être décryptée en détail — d'autant qu'elle est souvent mal appliquée par les employeurs.

La classification Syntec : positions et coefficients

La convention Syntec classe les salariés en deux grandes catégories (ETAM et cadres), chacune subdivisée en positions et coefficients qui déterminent le salaire minimum, les responsabilités attendues et le préavis applicable.

Grille de classification ETAM

PositionCoefficientFamille de fonctions
1.1230Fonctions d'exécution
1.2240Fonctions d'exécution
1.3250Fonctions d'exécution
2.1275Fonctions d'études ou de préparation
2.2310Fonctions d'études ou de préparation
2.3355Fonctions d'études ou de préparation
3.1400Fonctions de conception ou de gestion élargie
3.2450Fonctions de conception ou de gestion élargie
3.3500Fonctions de conception ou de gestion élargie

Le salaire minimum de chaque coefficient se calcule par une formule : coefficient × valeur du point + partie fixe (syntec.fr). Les valeurs du point et des parties fixes figurent dans l'annexe « salaires minimaux » de la convention, mise à jour par avenant : c'est ce texte, publié sur Légifrance, qui fait foi, pas les grilles recopiées d'un site à l'autre.

Grille de classification cadres

Les cadres Syntec sont classés en 3 positions principales. La position 1 (positions 1.1 et 1.2) correspond aux jeunes ingénieurs et cadres débutants ; elle s'ouvre au coefficient 95. La position 2 couvre les ingénieurs et cadres confirmés, avec des responsabilités élargies. La position 3 concerne les cadres supérieurs et dirigeants, jusqu'au coefficient 270 de la position 3.3. Le minimum conventionnel d'un cadre débutant est souvent très en dessous des salaires réels du marché, mais il reste le plancher incontournable.

Les salaires minimaux Syntec en 2026

La grille Syntec est régulièrement revalorisée par des avenants de branche. Avant de comparer, vérifiez la date de l'avenant que vous lisez : une grille d'une année antérieure peut vous faire conclure à tort que tout va bien. Ces minimaux sont des planchers : rien n'interdit (et le marché impose souvent) de payer au-dessus, surtout dans le numérique et le conseil parisiens.

Comment vérifier que votre salaire respecte la grille

  1. Identifiez votre position et coefficient sur votre fiche de paie (mentionné dans l'en-tête)
  2. Comparez avec le minimum conventionnel de votre coefficient (tableau ci-dessus ou avenant en vigueur sur Légifrance)
  3. N'oubliez pas de vérifier que votre coefficient correspond réellement à vos fonctions — un technicien classé en 1.3 alors qu'il devrait être en 2.2 perd plusieurs centaines d'euros par mois
  4. La prime de vacances obligatoire (au moins 10 % de la masse globale des indemnités de congés payés) doit apparaître sur vos bulletins, souvent en juin ou juillet
  5. Si votre salaire est inférieur au minimum de votre coefficient, demandez une régularisation par écrit à votre employeur
  6. En cas de refus, la réclamation peut remonter sur 3 ans devant les prud'hommes

Les avantages spécifiques de la convention Syntec

Au-delà des salaires minimaux, la convention Syntec prévoit plusieurs avantages que tous les salariés ne connaissent pas — et que certains employeurs « oublient » d'appliquer.

Prime de vacances

La convention prévoit une prime de vacances d'au moins 10% de la masse brute des indemnités de congés payés versées sur la période du 1er juin au 31 mai. Concrètement, pour un salarié gagnant 3 000 € brut par mois, l'indemnité de congés payés sur un an est d'environ 2 750 €, et la prime de vacances minimale est de 275 €. Elle est souvent intégrée dans un « complément » mensuel ou versée en une fois en juin. Vérifiez qu'elle apparaît bien quelque part dans vos bulletins.

RTT et temps de travail

La convention Syntec prévoit deux modalités principales d'aménagement du temps de travail. La modalité « standard » à 35h hebdomadaires (pour les ETAM principalement). La modalité « réalisation de missions », qui tolère jusqu'à 38 h 30 par semaine dans la limite de 219 jours travaillés par an ; le nombre de jours de repos qui en découle dépend de l'accord d'entreprise. Et la modalité « forfait jours », plafonnée à 218 jours par an, pour les cadres autonomes. La modalité 2 est souvent appliquée aux cadres débutants en position 1.2 et au-delà, ce qui génère un contentieux récurrent : si le forfait heures n'est pas formalisé par un avenant au contrat, les heures au-delà de 35h constituent des heures supplémentaires dues.

Préavis et indemnités de licenciement

En cas de démission, le préavis est de 3 mois pour les ingénieurs et cadres ; pour les ETAM, il est d'1 mois avant 2 ans d'ancienneté et de 2 mois au-delà, et de 2 mois d'emblée aux coefficients 400 à 500 (Code du travail numérique). L'indemnité conventionnelle de licenciement distingue ETAM et cadres : comparez-la avec l'indemnité légale (1/4 de mois par année jusqu'à 10 ans, 1/3 au-delà) grâce au simulateur officiel, qui intègre la convention. Pour comparer avec une autre grande branche industrielle, voyez notre fiche sur la convention de la métallurgie.

Les erreurs fréquentes d'application de la convention Syntec

En pratique, les litiges les plus courants portent sur la classification (coefficient sous-évalué par rapport aux fonctions réelles), la prime de vacances (absente ou sous-évaluée), les heures supplémentaires non payées (salariés en modalité 2 sans avenant formel), et les frais de déplacement (remboursement au réel vs forfait insuffisant). Si vous travaillez dans une ESN (entreprise de services du numérique), un cabinet de conseil ou une société d'ingénierie, vérifier l'application correcte de votre convention peut vous faire gagner plusieurs milliers d'euros par an.

Questions fréquentes

Comment savoir si la convention Syntec s'applique à mon entreprise ?

Vérifiez le code IDCC sur votre bulletin de paie : 1486 pour la Syntec. Le code NAF de votre entreprise (consultable sur annuaire-entreprises.data.gouv.fr) donne aussi une indication. Les activités couvertes incluent le conseil, l'ingénierie, le numérique (ESN), les études de marché, la formation professionnelle et la traduction. En cas de doute, consultez le moteur de recherche de conventions sur code.travail.gouv.fr.

La grille Syntec impose-t-elle des augmentations automatiques ?

Non, la grille fixe des salaires minimaux par coefficient, pas des augmentations annuelles obligatoires. En revanche, si une revalorisation de la grille porte le minimum de votre coefficient au-dessus de votre salaire actuel, l'employeur est tenu de vous augmenter pour atteindre ce nouveau minimum. Les négociations annuelles obligatoires (NAO) en entreprise sont distinctes des revalorisations de branche.

Quel est le préavis de démission pour un cadre Syntec ?

Le préavis de démission d'un ingénieur ou cadre Syntec est de 3 mois, quelle que soit sa position. Pour les ETAM, il est d'1 mois avant 2 ans d'ancienneté, de 2 mois au-delà, et de 2 mois d'emblée aux coefficients 400, 450 et 500. L'employeur peut dispenser le salarié de tout ou partie du préavis, mais l'inverse (le salarié qui ne veut pas l'effectuer) nécessite l'accord de l'employeur, faute de quoi il peut être redevable d'une indemnité compensatrice.